Fables
Burn-out
Reconnaître les premiers signes d'épuisement professionnel
Personne ne s'effondre du jour au lendemain. L'épuisement professionnel s'installe sur des mois, parfois des années, et il prévient — à sa manière, discrète et facile à réinterpréter. La difficulté n'est pas de repérer les signaux : c'est de s'autoriser à les prendre au sérieux.
Le corps parle en premier
Le sommeil se dégrade avant tout le reste. On s'endort en pensant à la réunion du lendemain, on se réveille à quatre heures avec une phrase de la veille en boucle. Puis viennent les tensions dans la nuque, les migraines de fin de semaine, les infections à répétition qui traînent.
Ces signaux sont commodes à écarter parce qu'ils ont toujours une explication : la saison, l'âge, un dossier difficile qui va bientôt se terminer. Un symptôme isolé ne dit rien. C'est leur installation dans la durée qui devrait alerter.
Ce qu'on se dit pour tenir
Il existe un vocabulaire de l'épuisement qui précède l'épuisement. On le reconnaît à quelques formules :
- « C'est une période, ça va passer. »
- « Si je m'arrête maintenant, tout s'écroule. »
- « Les autres y arrivent bien. »
- « Je me reposerai cet été. »
Ces phrases ont un point commun : elles déplacent le soulagement dans un futur qui ne vient jamais. Quand l'été arrive, il faut trois semaines pour redescendre et la rentrée annule tout en quatre jours.
Le repli, signal le plus fiable
Le signe qui trompe le moins est social. On décline une invitation, puis deux. On ne prend plus de nouvelles. On garde son énergie pour le travail et il n'en reste plus pour ce qui la reconstituerait — précisément l'inverse de ce qu'il faudrait.
Ce n'est pas la charge de travail qui épuise, c'est de ne plus avoir de lieu où la déposer.
Ce qu'on peut faire, tôt
Repéré tôt, l'épuisement ne demande pas un arrêt de plusieurs mois. Il demande de nommer ce qui se joue, ce qui est déjà un travail en soi : dans la plupart des situations que j'accompagne, la personne sait ce qui ne va pas, mais n'a jamais eu l'occasion de le formuler à voix haute devant quelqu'un qui n'a aucun intérêt dans l'affaire.
C'est souvent ce que vient chercher un premier appel : un espace où poser les choses sans avoir à les justifier, ni à rassurer personne.